Avec l’évolution du paysage des menaces et, en parallèle, le renforcement continu des exigences réglementaires, sécurité, conformité et résilience sont désormais indissociables.
En 2025, VMware franchit un nouveau cap avec VMware Advanced Cyber Compliance, un service avancé destiné aux environnements VMware Cloud Foundation (VCF) opérant dans des contextes critiques ou fortement régulés.
L’objectif est clair : sortir d’une approche fragmentée, reposant sur des outils hétérogènes, pour proposer une vision intégrée de la conformité, de la gestion du cyber risk et de la résilience opérationnelle.
Sécurité et conformité : une convergence devenue incontournable
Pendant longtemps, la conformité a été abordée comme :
- Une exigence réglementaire ponctuelle.
- Un exercice déclaratif.
- Une contrainte externe à l’exploitation.
Toutefois, dans un contexte de menaces modernes, cette approche atteint rapidement ses limites.
Aujourd’hui :
- Une configuration drift constitue un facteur de risque exploitable.
- Une non-conformité peut devenir un security incident.
- Une incapacité à restaurer des données peut engager la regulatory accountability de l’organisation.
Dès lors, la conformité n’est plus un état figé, mais un contrôle continu (continuous control) de la posture de sécurité (security posture), directement lié aux mécanismes de prévention, de détection et de réponse.
VMware Advanced Cyber Compliance : une approche plateforme
VMware Advanced Cyber Compliance ne se positionne pas comme une solution de sécurité isolée, mais comme une native extension de la plateforme VCF.
Elle s’appuie sur des capacités existantes de l’écosystème VMware, tout en étant enrichie par des fonctionnalités orientées automation, governance et risk management.
Le principe directeur est le suivant : appliquer les politiques de conformité avec le même niveau d’industrialisation que les infrastructure policies.
1. Appliquer la conformité à grande échelle, sans silos
L’un des points faibles des grandes infrastructures reste la gestion cloisonnée des politiques (siloed policy management), souvent répartie entre plusieurs outils et équipes.
En pratique, cette fragmentation entraîne :
- Des dérives de configuration (configuration drifts) difficiles à détecter.
- Des réponses réactives plutôt que proactives.
- Une augmentation du risque opérationnel.
L’approche retenue
VMware Advanced Cyber Compliance introduit une gestion centralisée et déclarative de la configuration fondée sur le principe d’État Désiré (Desired State).
Concrètement :
- Les configurations attendues sont définies comme un Desired State baseline.
- Les écarts sont détectés en continu.
- Les actions correctives peuvent être orchestrées ou automatisées à grande échelle.
Cette approche permet :
- Une détection précoce des dérives (early drift detection).
- Une réduction mesurable de la surface d’attaque.
- Une industrialisation des contrôles de conformité.
Ainsi, la conformité devient préventive, mesurable et intégrée dans les opérations.
2. De la prévention à la remédiation automatisée du cyber risk
La gestion du cyber risk ne s’arrête pas à l’identification des vulnérabilités.
En effet, la valeur réside dans la capacité à traiter le risque rapidement, de manière cohérente et contrôlée.
Dans les environnements VCF couverts par VMware Advanced Cyber Compliance :
- les vulnérabilités critiques sont corrélées à des remediation workflows,
- les actions correctives peuvent être automatisées ou approuvées par des personnes (human-approved),
- des contrôles compensatoires peuvent être appliqués lorsqu’une correction immédiate n’est pas possible.
Par conséquent, cette approche s’avère particulièrement adaptée :
- aux environnements hybrides,
- aux infrastructures à forte densité de VM,
- aux contextes réglementaires exigeant l’auditabilité et la traçabilité.
3. La résilience comme dernière ligne de défense
Même avec une posture de sécurité renforcée, le principe de violation présumée (assume breach principle) doit être intégré dans les architectures modernes.
Dans ce cadre, la capacité de reprise devient une exigence de conformité à part entière.
Cyber Recovery et Disaster Recovery
VMware Advanced Cyber Compliance s’appuie sur :
- Des mécanismes de réplication avancés.
- Des workflows de récupération entièrement orchestrés.
- Des objectifs de reprise alignés avec les exigences réglementaires (low RPO).
Cependant, l’enjeu n’est pas uniquement de redémarrer des services, mais bien de :
- Restaurer des environnements fiables et propres (trusted and clean).
- Isoler les systèmes compromis via la network isolation.
- Limiter le lateral movement pendant la phase de reprise et de récupération.
Ainsi, la capacité de reprise (Recovery Capability) devient une capacité opérationnelle réglementée, plutôt qu’un simple plan théorique.
Une réponse adaptée aux environnements fortement régulés
Cette approche répond particulièrement aux besoins des organisations soumises à :
- Des audits fréquents.
- Des exigences continues en matière de preuve de conformité.
- Des obligations strictes en matière de continuité des activités et de résilience.
En intégrant conformité, cyber risk management et resilience au sein d’un seul plan de contrôle, VMware permet :
- Une visibilité consolidée.
- Une réduction des angles morts opérationnels.
- Une gouvernance de sécurité plus cohérente.
Analyse d’architecte : un changement de posture
VMware Advanced Cyber Compliance illustre une évolution structurelle claire :
- La conformité devient continue et opérationnelle.
- La sécurité devient centrée sur la plateforme (platform-centric).
- La résilience devient un contrôle architectural de premier ordre (first-class architectural control).
Cette approche suppose toutefois :
- Une infrastructure fortement standardisée.
- Une gouvernance claire du control plane.
- Une maturité suffisante pour exploiter l’automatisation sans introduire de nouveaux risques.
Conclusion
Avec VMware Advanced Cyber Compliance, VMware continue de transformer VCF en plateforme de cloud privé gouvernée, où la conformité, les cyber-risques et la résilience sont traités comme des capacités natives de l’infrastructure.
Désormais, pour les architectes cybersécurité et infrastructure, l’enjeu n’est plus seulement de sécuriser, mais de :
- Démontrer la conformité by design and by default.
- Maîtriser le risque de manière mesurable.
- Garantir une capacité de reprise robuste face aux menaces modernes.
C’est la fin de la conformité “statique” et le début de la résilience continue.