L’annonce de VMware Cloud Foundation (VCF) 9.0 marque un tournant majeur dans l’évolution de l’écosystème VMware.

VCF n’est plus seulement un regroupement de produits (vSphere, vSAN, NSX) sous une licence commune, mais une véritable plateforme de Private Cloud intégrée.

Le message de Broadcom est clair : réduire la complexité opérationnelle et rapprocher l’expérience on-premises de celle d’un cloud public.

Mais au-delà du discours, qu’est-ce que cela change concrètement pour les administrateurs et les architectes infrastructure ?

1. L’unification des opérations : vers le modèle “One Platform”

Jusqu’à présent, exploiter VMware Cloud Foundation impliquait de naviguer entre plusieurs consoles :

  • SDDC Manager
  • vCenter
  • NSX Manager
  • Aria / vRealize

Cette fragmentation augmentait :

  • La charge opérationnelle.
  • Les risques d’erreur.
  • La difficulté de maintien en condition opérationnelle.

Avec VCF 9.0, VMware introduit une expérience de gestion unifiée.

Les apports concrets

  • Console unique
    Une interface commune pour :
    • Inventaire.
    • Consommation des ressources.
    • Sécurité.
    • Etat de la plateforme.
  • Workflows simplifiés
    Des opérations auparavant éclatées entre plusieurs outils (upgrade, lifecycle, configuration) sont désormais :
    • Automatisées
    • Orchestrées
    • Centralisées

👉 L’objectif est clair : moins d’outils, moins de friction, plus de cohérence.

2. Le “VCF Import” massif : intégrer l’existant sans tout reconstruire

C’est l’une des nouveautés les plus attendues par les organisations déjà équipées.

L’enjeu

De nombreux environnements reposent aujourd’hui sur :

  • Des clusters vSphere.
  • Parfois avec vSAN.
  • Déployés hors du cadre strict de VCF.

Jusqu’ici, les intégrer dans VCF impliquait souvent :

  • Une reconstruction lourde.
  • Ou des compromis architecturaux.

Ce que change VCF 9.0

Avec le VCF Import amélioré, il devient possible d’importer des environnements vSphere existants et les placer sous la gouvernance du SDDC Manager, cela, sans interruption majeure de service.

👉 Cela permet de standardiser progressivement un parc existant, sans approche “big bang”.

3. Stockage et réseau : une résilience pensée pour les workloads modernes

Les évolutions de VCF 9.0 ciblent clairement les besoins :

  • Des applications cloud-native.
  • De l’IA.
  • Des workloads à forte exigence de disponibilité.

vSAN : vers plus de flexibilité applicative

  • Améliorations autour du Data Persistence.
  • Meilleure gestion des objets de stockage.
  • Intégration renforcée avec les plateformes applicatives modernes.

Réseau : le modèle VPC en Private Cloud

VCF 9.0 pousse plus loin le concept de Virtual Private Cloud (VPC) en environnement privé.

Concrètement :

  • Les équipes applicatives peuvent disposer de segments réseau et règles de sécurité dédiés.
  • Tout en conservant un contrôle strict au niveau infrastructure.

👉 On se rapproche d’un modèle cloud-like, mais sans perdre la maîtrise on-premises.

4. Gestion des certificats et des licences : enfin une approche industrialisée

Certificats

La gestion des certificats a longtemps été un point sensible dans VCF.

VCF 9.0 introduit :

  • Une automatisation plus poussée du cycle de vie
  • Une meilleure intégration avec les composants du stack
  • Une réduction des opérations manuelles à risque

Licences

La plateforme s’aligne pleinement sur le nouveau modèle de licences par cœur (core-based subscription) :

  • Gestion centralisée
  • Meilleure visibilité
  • Cohérence avec les bundles VCF

👉 Un changement structurant pour les équipes infrastructure et finance.

Analyse d’architecte : faut-il sauter le pas ?

VCF 9.0 est une réponse directe à un problème bien connu : la complexité cumulative des infrastructures VMware modernes.

En supprimant les silos entre :

  • Calcul
  • Stockage
  • Réseau
  • Opérations

VMware cherche à proposer une expérience Private Cloud comparable au Public Cloud, mais sur vos propres serveurs.

Points de vigilance

Cette approche impose :

  • Une architecture très structurée
  • Un respect strict des VMware Validated Designs (VVD)
  • Une parfaite maîtrise des dépendances réseau

Avant toute migration, il est indispensable de :

  • Revoir les designs vDS
  • Vérifier l’absence de dépendances circulaires
  • Valider les scénarios de reprise (bootstrap)

Conclusion

VMware Cloud Foundation 9.0 n’est pas une simple mise à jour, c’est une déclaration d’intention.

La plateforme devient le produit, et vSphere n’est plus qu’un moteur parmi d’autres.

Pour les entreprises, VCF 9.0 promet :

  • Une infrastructure plus cohérente.
  • Une exploitation simplifiée.
  • Une agilité renforcée.

À condition, toutefois, de maîtriser l’architecture sous-jacente et d’accepter la discipline qu’impose un véritable Private Cloud.

Badr Eddine CHAFIQ